Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle
Notre pays continue de détruire plus d'emplois qu'il n'en crée. Au troisième trimestre 2008, la perte nette d'emplois, c’est-à-dire l’écart entre les créations et suppressions d’emplois, s'élève à 12.800 (-0,1 % comparé au trimestre précédent, +0,8 % sur douze mois). L'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), fédérant les Urssaf et dont le champ de calcul différent, a pour sa part annoncé 71.000 destructions d'emplois (-0,4 %), après une stagnation au deuxième trimestre.
Le ralentissement de l'emploi se fait donc de plus en plus nettement sentir dans les secteurs clés de l'activité économique française, l'industrie et la construction. Ce sont ainsi près de 19.000 postes qui ont été détruits depuis le début de l’année dans les domaines industriels et ces chiffres pourraient s’accroître encore avec les plans sociaux annoncés par de nombreuses sociétés, notamment dans notre Région (ArcelorMittal, Holcim, STIPS...). Malheureusement force est de constater que certains groupes, tel ArcelorMittal, profite de la crise comme d'un effet d'aubaine que nous dénonçons.
Le domaine de la construction qui a longtemps dopé la croissance est également touché très directement par la crise financière et bancaire. Il enregistre lui aussi une baisse très importante.
Du côté de l’intérim, les chiffres sont eux-aussi extrêmement mauvais : - 28.700, soit autant que pour l'ensemble du troisième trimestre. C’est là la confirmation de l’impact très négatif de la défiscalisation des heures supplémentaires, mesure totalement à contretemps d’un point de vue économique.
Dans ce contexte tendu, il n’est d’ailleurs pas inutile de noter tout l’intérêt de l’instauration en son temps des 35 heures qui ont permis aux salariés de créer un capital temps et de pouvoir l’utiliser actuellement de manière à éviter, tant que faire se peut, le chômage partiel.
Michel LIEBGOTT