Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle
Je m’opposerai avec détermination à la généralisation du travail le dimanche, annoncée par le gouvernement. Mon opposition résolue à cette proposition de loi soutenue par le Gouvernement se fonde, au moins, sur cinq éléments:
- Je fais d’abord le constat que l’interdiction de travailler le dimanche est déjà assortie de nombreuses exceptions, qui répondent largement aux besoins des entreprises, notamment dans l’industrie et le commerce.
- Ensuite, je pense que l’ouverture sans condition des magasins et usines le dimanche serait lourde de menaces pour les salariés. Contrairement aux affirmations du gouvernement, le libre consentement à une telle organisation du travail serait en pratique impossible à vérifier, en particulier en période de difficultés économiques. Les possibles chantages à l’emploi vont en réalité anéantir toute prétendue liberté de choix, même si le Gouvernement évoque le volontariat. Cette évolution aurait donc inéluctablement pour conséquence de contraindre des milliers de salariés à travailler le dimanche.
- Je crois qu’il faut également et réellement s’inquiéter des propos tenus par Monsieur Châtel, laissant entendre que le doublement de la majoration salariale pour travail le dimanche pourrait être remis en cause. Une telle décision signifierait, ni plus, ni moins, que le dimanche deviendrait, d’un point de vue salarial, un jour comme les autres.
- De même, autoriser l’ouverture des magasins le dimanche constituerait immanquablement une rupture d’égalité injustifiable entre entreprises, notamment dans le commerce. En effet, seules les grandes enseignes auraient en réalité les moyens financiers et humains de faire travailler ainsi leurs salariés, ce qui créerait une situation de concurrence déloyale très défavorable aux petits commerçants et aux artisans. De l’avis de nombreux experts, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui seraient ainsi menacés dans le petit commerce. En conséquence, ce qui pourrait être gagné d’un côté serait perdu de l’autre et probablement de manière plus importante.
- Enfin, comme beaucoup de français, je veux réaffirmer mon attachement au principe d’une journée de repos hebdomadaire commune à un maximum de salariés de ce pays. Il en va de la conciliation de la vie professionnelle avec la vie personnelle, familiale, culturelle, militante, associative, sportive et de l’harmonie de l’ensemble de la société.
Laisser entendre que l’extension du travail le dimanche peut être une réponse aux problèmes des Français en matière d’emploi et de pouvoir d’achat, est une escroquerie comparable à celle que constitue le discours de ces 18 derniers mois s’agissant notamment des heures supplémentaires. « Aujourd’hui, ce n’est plus travailler plus pour gagner plus, c’est tout simplement pouvoir travailler ».
Michel LIEBGOTT