Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle
Après le désastre financier qui se poursuit, c’est une crise globale qui touche désormais de plein fouet notre économie nationale. La sidérurgie n’y échappe pas et c’est une fois encore notre région (après Gandrange, après les restructurations militaires, après plusieurs plans sociaux dans le domaine industriel) qui pourrait en subir les conséquences.
Suite à l’annonce d’ArcelorMittal de supprimer 2.400 emplois aux Etats-Unis, la rumeur enflait, depuis plusieurs jours, que du chômage partiel allait être imposé après une réduction majeur de l’activité, notamment des hauts fourneaux, point de départ de la filière intégrée.
Le leader mondial de l’acier va plus loin encore puisqu’il a annoncé aujourd’hui l’engagement d’un plan de suppression d’emplois sur la base du volontariat, principalement dans les fonctions support (commerce, services généraux), avec pour objectif une nouvelle réduction de 750 millions d’euros de ses dépenses. En Europe, selon des sources syndicales, le chiffre de 6.000 suppressions d’emplois, sans précision quant à la répartition géographique, est désormais évoqué.
Malgré les efforts substantiels demandés au personnel en cette période de crise (utilisation des comptes épargne temps, solde des congés payés, gains de gestion à hauteur de 750 millions d’euros…), en dépit d’une baisse de production de l’ordre de 35% à l’échelle mondiale et de la division par deux de ses projets d’investissement, le groupe pourrait donc décider de sacrifier, une fois encore, l’emploi, alors même que le contrecoup de la fermeture de Gandrange n’a pas été absorbé et que l’on attend toujours les mesures compensatoires annoncées par le Président de la République et Lakshmi Mittal.
Le groupe ArcelorMittal, compte tenu du poids de sa dette (30 milliards de $) liés à ses multiples acquisitions et de sa volonté permanente de rassurer ses actionnaires, n’est en fait qu’un colosse aux pieds d’argile, extrêmement dépendant des deux principaux consommateurs d’aciers que sont l’automobile et la construction, secteurs actuellement en grande difficulté.
Après avoir reçu aujourd’hui toutes les organisations syndicales et afin de bien saisir tous les impacts pour la sidérurgie lorraine de ces annonces inquiétantes, je prendrai dès demain l’attache de la direction d’ArcelorMittal Florange, avant d’engager des démarches auprès des pouvoirs publics et des instances nationales et européennes du groupe.