Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle
A l’occasion d’un comité restreint européen qui s’est tenu ce mercredi à Luxembourg, la Direction Générale du leader mondial de l’acier a confirmé aux partenaires sociaux l’intégration de la réfection des deux hauts-fourneaux de Patural dans son plan d’investissement pour la période 2008-2013, de même que le positionnement du groupe sur le projet de captage/stockage du CO² à Hayange. Enfin, après le temps des annonces c’est celui de la programmation opérationnelle qui s’engage. Il s’agit donc d’une très bonne nouvelle car ces rénovations signifient la poursuite des activités bien au-delà de ce qu’avait initialement prévu le funeste plan APOLO. Elle s’explique tant par la compétitivité technique des personnels que par les coûts de production, puisque l’usine intégrée Hayange-Florange se situe désormais à la 7ème place mondiale et à la 1ère au niveau européen pour ce paramètre, si souvent décisif.
Toutefois, il convient d’être attentif au contexte économique qui se dégrade, la sidérurgie étant particulièrement sensible aux soubresauts de plusieurs marchés liés (automobile, bâtiment…). C’est ce qui a été rappelé par Henri BLAFFART, Directeur Général d’ArclelorMittal Florange, dans le cadre d’un comité d’entreprise extraordinaire réuni hier, et qui explique la baisse de production programmée pour les prochains mois.
Au demeurant, il importe de continuer à exiger la création d’un centre de formation aux métiers de la métallurgie, promis par le Président de la République dans le cadre des mesures compensatoires à la fermeture du site de Gandrange. En effet, les syndicats, salariés comme patronaux, relèvent l’importance de réussir la transition professionnelle alors que les départs à la retraite vont se multiplier ces prochaines années. D’ici à 2012, ArcelorMittal devra ainsi renouveler près de 40% de ses effectifs. Dans cette optique, en complément des lycées techniques et professionnels, comme notamment ceux de Knutange et Hayange, ce centre de formation devra jouer un rôle moteur. A cet égard, j’entends également poursuivre mon action pour que le nouveau lycée des métiers soit réalisé au plus vite dans la vallée de la Fensch, pour renouveler et adapter l’offre de formations de manière à rendre ce futur établissement très attractif et en phase avec les besoins locaux.
Comme l’a relevé le Conseil Economique et Social, la Lorraine est aujourd’hui incontestablement surexposée à la crise, fragilisée par la perte brutale d’emplois industriels mais également par les restructurations militaires. Il ne faut toutefois pas céder à la résignation et créer, dans le cadre des différents plans que l’Etat doit engager avec les collectivités territoriales lorraines (Contrat de Projets revisité, plans de revitalisation des territoires, mesures du rapport du préfet Hubert Blanc…), les conditions du renouveau en ciblant nos efforts sur les métiers autour des produits et de matières innovantes (MIPI), autour de l’éco-industrie et du génie environnemental (Captage/Stockage CO²), mais également sur des réseaux de transports structurants et diversifiés pour faire de notre région un carrefour européen inévitable.
Avant l’été, j’avais sollicité la commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire de l’Assemblée Nationale, pour une audition de Michel WURTH, n°2 d’ArcelorMittal. Patrick OLLIER, Président de ladite commission m’ayant signifié qu’il y était favorable lors de la session ordinaire de l’assemblée, je vais dès aujourd’hui relancer cette demande, de manière à obtenir de l’industriel des engagements sur l’ensemble de ces sujets, ô combien importants pour le nord mosellan et au-delà pour toute la Lorraine.