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Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle

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Michel LIEBGOTT confirme à Patrick OLLIER sa volonté d'auditionner Lakshmi MITTAL et Rastan TATA

 

Monsieur le Président, Cher Collègue,

 

Le mercredi 28 juin dernier, dans le contexte de la fusion des groupes sidérurgiques ARCELOR et MITTAL STEEL, la commission des affaires économiques a auditionné Lakshmi MITTAL, Président Directeur Général de MITTAL STEEL. Bien que membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, j’ai participé à cette audition me faisant en tant que Député de la Moselle, département ô combien concerné par les activités sidérurgiques, l’écho des nombreuses inquiétudes et/ou espérances locales, compte tenu de mesures antérieures d’ARCELOR défavorables à l’emploi. Le temps de la fusion étant à présent achevé, je crois aujourd’hui utile et important d’entendre à nouveau Lakshmi MITTAL, actionnaire à près de 50% du premier producteur mondial d’acier (116 millions de tonnes/an et 320.000 salariés) et dont il est devenu Président Directeur Général avec la démission du luxembourgeois, Roland JUNCK. Cette nouvelle audition me semble nécessaire pour obtenir des éléments d’informations à propos de trois thématiques.

1. Il convient d’abord de connaître les orientations stratégiques retenues en matière industrielle, et par voie de conséquence d’emplois, par la nouvelle gouvernance d’ARCELOR-MITTAL en France, en Europe et dans le Monde. Lakshmi MITTAL s’est engagé en juin dernier, devant la Commission, à ce que la fusion ne soit pas synonyme de suppressions de postes par synergies industrielles, indiquant à cet égard la très grande complémentarité des deux groupes en termes de qualité de production et de géographie des implantations. La prégnance de la question porte autant sur les salariés du groupe (29.350 en France) que pour les collectivités territoriales, notamment celles dont les ressources fiscales sont fortement dépendantes des activités sidérurgiques. Elles sont particulièrement nombreuses dans notre Pays (27 sites de production), notamment dans les régions industrielles de la Lorraine et du Nord-Pas-de-Calais.

2. Ensuite, parce que les organisations syndicales des sites lorrains, que j’ai rencontrées au cours du mois d’octobre 2006, attendent elles aussi des réponses à leurs interrogations. Et elles sont nombreuses : devenir des  négociations de groupe, modèle social à appliquer, engagements territoriaux, stratégies industrielles, investissements techniques. Or, il semblerait de ce point de vue que la direction générale d’ARCELOR-MITTAL ne soit pas prolixe. Les organisations syndicales, constatant et regrettant au demeurant l’absence de dirigeants français dans la nouvelle gouvernance du leader mondial, sont fortement préoccupées par cette situation de carence informative et partenariale. Pourtant, tous les représentants syndicaux rencontrés voient dans la venue récente de Lakshmi MITTAL en Lorraine, sur le site de Hauts-fourneaux de Patural à Hayange, le signe d’une possible réorientation par rapport à celle qui avait été programmée par ARCELOR, en l’espèce une fermeture de la filière liquide à l’horizon 2010. Tous pensent également que le groupe ARCELOR-MITTAL étudie actuellement des possibilités de vente de site en France (le site côtier de FOS-SUR-MER a été évoqué) dans le cadre d’anciens engagements avec le sidérurgiste allemand THYSSEN et pour apporter du « cash flow » au groupe compte tenu de son endettement record qui ne cesse de progresser. Il y a tout lieu d’obtenir des éclaircissements de ce point de vue.        

3. Enfin, parce que le mouvement de concentration du marché mondial de l’acier semble s’accélérer, tout particulièrement en Europe, en témoigne l’acquisition très récente de CORUS par TATA STEEL, groupe indien créé en 1907. Cette fusion aboutit à la création du 6ème producteur mondial d’acier  (23 millions de tonnes par an). Pour information, en Moselle, dans la vallée de la Fensch, après ces deux fusions, l’une médiatique, l’autre  beaucoup moins, en l’espace de seulement 6 mois, c’est désormais l’intégralité des sites sidérurgiques qui sont détenus par des groupes aux capitaux majoritairement indiens. Aussi, et puisque là encore, on ne sait pas très bien mesurer les conséquences de cette fusion tant sur l’emploi que sur la stratégie industrielle, il me semblerait important d’auditionner également Ratan TATA.    

Dans l’attente de votre réponse et restant à votre entière disposition pour de plus amples informations, Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de ma très haute considération.

 

 

 

 

Michel LIEBGOTT

 

 

 

 

 

 

 

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