Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle
Monsieur le Président de la République,
Je souhaite attirer votre attention sur la situation de l’usine CORUS de Hayange-Nilvange, seule usine sise sur notre territoire national produisant des rails, y compris ceux utilisés pour la réalisation des Lignes Grande Vitesse nécessaires au passage des TGV, fleurons technologiques de notre pays.
Le 03 juillet dernier, à Nilvange, j’ai rencontré, Phyl DRYDEN, directeur des produits longs de CORUS, tout spécialement venu du Royaume-Uni. En dépit du contexte de crise, il m’a confirmé la volonté d’investissement de son groupe et s’est inquiété de l’absence de décision de RFF pour valider un contrat de commandes dont le groupe CORUS a besoin pour démarrer les travaux du passage à la réalisation de rails de 108 mètres de long sur ce site. Cet investissement est nécessaire pour maintenir la compétitivité de ce site par rapport à ses concurrents européens qui ont, pour la plupart, déjà opté pour la grande longueur. A noter que 1 million d’euros, sur les 35 nécessaires, a déjà été engagé par CORUS pour entamer la phase pré opérationnelle de ce projet.
Répondant à mes multiples interventions depuis le début de l’année, par un courrier daté du 27 juillet dernier, Madame la Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi m’a indiqué que le contrat en question faisait toujours l’objet de négociation en vertu de l’objectif assigné à RFF par l’Etat visant à une réduction de 15% du moyen du kilomètres de renouvellement de voie sur les lignes classiques. En clair, il n’y aurait toujours pas d’accord sur le prix.
S’il est vrai qu’une option de reconduction sur trois mois, après une première de six mois, a été obtenue et que la poursuite des négociations est prévue pour le mois de septembre, il me semble toutefois nécessaire de vous alerter sur l’urgence de donner à l’entreprise CORUS la visibilité sur le long terme dont elle a besoin pour confirmer ses investissements sur le site de Hayange. Une durée de contrat supérieure à 4 ans et un volume de commande au moins égal à l’actuel pourraient probablement permettre de lever les derniers obstacles à l’engagement définitif des travaux.
Alors que vous avez souhaité par le plan de relance, donner la priorité aux investissements productifs, créateurs de richesses, d’emplois, de compétitivité et éco compatibles avec les mesures du Grenelle de l’Environnement, il serait, vous en conviendrez, plus que cavalier que l’Etat ne donne pas l’exemple en favorisant un investissement répondant à l’ensemble de ces nobles objectifs.
J’ajoute que le bassin ferrifère et sidérurgique lorrain n’a que trop souffert des restructurations successives. Aussi vous comprendrez que le non renouvellement du contrat de fourniture par RFF au seul motif du coût, serait particulièrement mal vécu localement et que l’Etat français en serait probablement tenu pour principal responsable.
Espérant pouvoir compter sur votre soutien et dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma très haute considération.
Michel LIEBGOTT
Pour lire le courrier en format PDF, cliquez sur le lien suivant:
lettre-pdr-corus-aout-2009.pdf