Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle
Ma réponse en commission aux propos de Pierre MEHAIGNERIE Président de la Commission des Affaires Familales Sociales et Cultturelles (Mercredi 8 avril 2009) :
M. Michel Liebgott. Nous sommes dans un débat classique entre politique de relance par la consommation ou par l’investissement, entre politique de l’offre et politique de la demande. Les deux ne sont pas incompatibles. Mais, à l’heure où la crise nous atteint aussi durement, la relance par la demande est nettement insuffisante.
Vous avez, monsieur le président Méhaignerie, rappelé l’importance de nos dépenses sociales ; pour moi, elles contribuent largement à amortir la crise et permettent peut-être à la France d’être dans une situation un tout petit peu moins difficile que les pays voisins. Le Gouvernement l’a d’ailleurs compris puisqu’il a relancé les emplois aidés, qu’il avait presque entièrement supprimés. L’importance du secteur public contribue aussi largement au maintien d’une certaine activité. Les fonctionnaires, que certains vilipendent et dont vous voulez réduire le nombre, consomment, et souvent en France des produits dont la production n’est pas délocalisable : ils favorisent ainsi la production par les entreprises.
Nous avons adopté le dispositif du revenu de solidarité active (RSA). Même si sa forme ne nous a pas paru tout à fait satisfaisante, nous étions d’accord sur la philosophie qui le sous-tend. Salaires et dépenses sociales ne doivent pas être opposés mais peuvent tout à fait se conjuguer pour à la fois répondre à des difficultés personnelles des salariés et s’inscrire dans une logique économique.
En tant qu’élus locaux, nous connaissons des salariés à qui des heures supplémentaires sont proposées ; nous savons que ce sont toujours les mêmes. Dans la commune de taille moyenne dont je suis maire, j’ai constaté que le nombre de chômeurs est passé en un mois de 700 à 775. Je ne peux pas croire que certains de ces demandeurs d’emploi ne seraient pas capables d’effectuer, en contrat à durée déterminée ou indéterminée, des tâches aujourd’hui réalisées par d’autres sous forme d’heures supplémentaires. Même si leur formation est parfois insuffisante et doit alors être améliorée, ces 775 personnes ne sont pas toutes incapables de travailler.
Enfin, élu d’une région sidérurgique, j’ai constaté qu’Arcelor-Mittal continue à faire des bénéfices considérables, même s’ils sont passés de 9 milliards d’euros à 6 ou peut-être 4 milliards d’euros. En même temps, de telles sociétés suppriment aujourd’hui des postes d’intérimaires, mettent fin à des contrats à durée déterminée, conduisent très durement les négociations sur les salaires, envisagent des suppressions d’emplois dans les fonctions tertiaires. Il est clair qu’il s’agit d’accroître leur productivité pour satisfaire leurs actionnaires et respecter le ratio de 15 % de retour sur investissement, et non de faire face à une impossibilité de mieux payer les salariés.