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Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle

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Gribouille à l’Elysée

Le temps de la crise oblige au pragmatisme. Certes. Mais comment laisser sous silence les déclarations du Président de la République qui, dans l’habit du candidat, fustigeait les emplois aidés. 100.000 contrats de ce type de plus que ce qui était prévu au projet de loi de finances pour 2009, voilà donc l’annonce du jour pour limiter, au moins ponctuellement, les méfaits d’une crise qui passe de la virtualité à la réalité, avec son florilège de drames sociaux.

Car, les uns après les autres les chiffres tombent et font mal. 6000 suppressions d’emploi chez Renault, 1500 chez Nissan, 700 pour la CAMIF… L’hémorragie est sévère. Le Bureau International du Travail évoque même le chiffre de 20 millions de chômeurs supplémentaires à l’échelle planétaire d’ici à la fin de 2009. Des chiffres qui font froid dans le dos !

Les différentes mesures contracycliques annoncées par Nicolas SARKOZY pour soutenir le marché de l’emploi ressemblent très fortement à celles que nous avions préconisées dans notre projet présidentiel et législatif en 2007. Un programme socialiste est donc aujourd’hui en partie réhabilité par son plus féroce opposant. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ?

Je le répète depuis très longtemps déjà. Ce gouvernement n’a jamais été en capacité d’anticiper les crises ! Il réagit plus qu’il n’agit. L’exemple d’ArcelorMittal Gandrange est probablement le plus éloquent. Et le problème est bien là ! Les questions de la transition professionnelle, de la formation tout au long de la vie, bref de toutes les politiques publiques de l’emploi ne peuvent pas être abordées en période de crise. Elles doivent faire l’objet d’une stratégie précise, de mesures inscrites dans le temps long. Elles ne peuvent pas être qu’un supplétif à une politique de libéralisme affirmée il y a encore peu et présentée comme la seule voie possible. Elles ne peuvent pas être qu’un moyen de se donner bonne conscience. Elles sont au contraire, et plus que jamais, nécessaires car elles participent à la nécessaire régulation d’un marché de l’emploi structurellement déséquilibré par la baisse tendancielle du taux de profit, théorisée par un Karl MARX redevenu moderne ces temps derniers.

Pour conclure ce petit billet, je reprends à mon compte les propos de mon ami, Jean-Louis Bianco qui dénonce sur le fond des mesures «extrêmement décevantes. C’est trop peu et trop tard. La confiance n’est plus là. Il fallait agir plus tôt, redécouvrir le traitement social du chômage, après l’avoir tant critiqué…C’est une politique de Gribouille !».

Michel LIEBGOTT

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