Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle
Extraits de l'intrevention de Michel LIEBGOTT à propos de l'article premier du projet de loi sur le droit d'accueil pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires publiques (mardi 15 juillet 2008)
M. Michel Liebgott – Pris isolément, ce projet pourrait paraître anodin, s’il ne s’ajoutait aux autres textes concernant la continuité des services publics, et qui conduisent tous ensemble au détricotage de l’ensemble de ces services (…) Le Gouvernement propose d’abord un service minimum dans les transports, puis un service minimum pour les demandeurs d’emploi, qui seront obligés, au bout de quelques mois, d’occuper n’importe quel emploi. Puis vous développez un droit du travail a minima. Aujourd’hui, vous proposez de même un droit à l’éducation a minima, qui, petit à petit, se retrouvera à la marge du périscolaire, alors qu’il est l’un des plus emblématiques de notre service public. Les tribunaux administratifs ont déjà condamné l’État à payer des cours privés, certains enseignements n’étant pas assurés par l’Éducation Nationale. Vous ne voulez pas prendre le risque d’être à nouveau condamnés au moment où vous supprimez les postes de fonctionnaires et où, tôt ou tard, les enseignants du premier degré y passeront eux aussi. Vous avez donc imaginé de transférer la responsabilité vers les collectivités territoriales et, ainsi, vous aurez certes failli au devoir suprême d’éducation, mais la responsabilité politique en reviendra aux collectivités, et en particulier aux communes. (...) Ce qui vous dirige, dans le détricotage de tous ces droits, c’est uniquement votre idéologie, qui consiste à laisser se concentrer les richesses dans un nombre de mains toujours plus restreint. Ainsi aurez-vous réussi, en quelques années, à nous faire passer d’une République dont nous étions fiers, parce qu’elle était celle des services publics, à une République de régression, notamment en remettant en cause un droit de grève remontant à 1864.