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Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle

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Michel LIEBGOTT demande à Lakshmi MITTAL de geler la décision de fermeture de l'aciérie de Gandrange

Lakshmi-Mittal.jpgMonsieur le Président Directeur Général,
Après les rumeurs de la semaine passée, ce mercredi, au cours d'un Comité d'Entreprise extraordinaire, votre groupe a annoncé la suppression de près de 600 emplois au sein de l'usine de Gandrange en Moselle. Ce plan serait mis en oeuvre au plus tard lors du premier semestre 2009. En fermant l'aciérie, la coulée continue et le train à  billette, c'est une grande partie de cette usine, fer de lance de la  lorraine sidérurgique, que vous condamnez.
Pourtant, les organisations syndicales, les salariés, les élus  locaux et nationaux, les experts concernés, comme l'ancien directeur du site, désormais à la retraite, sont convaincus de la viabilité de ce site. Tous disent la nécessité  de mettre en place un moratoire pour trouver une solution technique  et organisationnelle à des difficultés probablement conjoncturelles, alors que le marché de l'acier est favorable et beaucoup moins  erratique que par le passé.
Donner du temps permettrait d'étudier des scenarii alternatifs, de regarder l'avenir de ce site, qui n'a que trop souffert de choix parfois peu judicieux (la renégociation des contrats d'approvisionnement  électrique notamment), sous un angle différent.
Cela passe d'abord par la réalisation d'investissements structurels minimaux. Il ne s'agit plus de colmater les brèches, de réparer  l'existant, de faire l'entretien courant, mais bien d'utiliser  pleinement les possibilités de ce site, qui n'est pas exploité au  mieux de ses capacités techniques. Mais pour cela il faut que des  réorientations de production soient opérées, notamment vers les  aciers longs de qualité comme cela a été fait en 2004, selon l’ancien directeur.
Ensuite, il faut remédier à l'absence d'anticipation de la  direction de l'aciérie en matière de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences. Ainsi, en seulement dix-huit mois, dans le cadre des dispositifs de la Loi FILLON, sont partis en retraite  près du tiers du personnel de l'usine. La transmission du  savoir-faire des anciens aux jeunes embauchés n'a donc pu se faire  dans des conditions optimales.
Vous le savez, il faut près de deux ans de  formation à un nouvel embauché pour acquérir l'expérience  suffisante. Selon les informations fournies, en 2006, l'entreprise a  accusé un déficit de près de 30 millions d'euros. Pour 2007, la prévision  est de 36 millions d'euros.
D'après un chiffrage approximatif, établi par le syndicat CFDT sur  la base du rapport réalisé par le cabinet d'experts SYNDEX, le  manque à gagner, en raison de la seule inexpérience des derniers embauchés, atteindrait près de 170 millions d'euros. Il semble véritablement indispensable de pratiquer une mise à niveau  des jeunes embauchés afin de mettre fin aux pertes engendrées par  leur inexpérience. Pour cela, il faut faire appel à une  formation extérieure et/ou à l'expérience des anciens dans le cadre  de missions de formation.
Les résultats financiers de votre groupe et une bonne conjoncture  permettent d'envisager une telle solution. Cette opération nécessite le concours de divers acteurs extérieurs : l'Etat et  la Région Lorraine. La mise en oeuvre urgente d'une table ronde  réunissant tous les intervenants dans ce dossier, l'Etat, la Région,  la Direction d'ArcelorMittal et les organisations syndicales, nous  parait donc plus que nécessaire.
C'est en ce sens que nous avons d'ailleurs saisi le Préfet de la  Région Lorraine, par un courrier daté du 15 janvier 2008. Le Préfet  vient d'ailleurs de nous inviter à une première réunion le 21 janvier prochain. Nous avons également saisi le gouvernement lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale sur l'avenir de la sidérurgie en Lorraine et en France. 
Le Directeur Général d'ArcelorMittal France, Daniel SOURY-LAVERGNE  que nous avons rencontré à sa demande en début de semaine, a indiqué  que cette restructuration ne se traduirait pas par des «  licenciements secs ». Les salariés seraient soit reclassés en interne à  l'usine, en l'espèce au Laminoir à Couronnes et à Barres (LCB), soit feraient l'objet de nouvelles mesures d'âges dont on sait combien  elles sont fragilisantes pour le transfert des savoirs (200  salariés) soit enfin auraient des reclassements sur les sites du groupe à Florange, au Luxembourg ou ailleurs en France. Etrange coïncidence d'ailleurs que cette nouvelle abondance d'emplois sidérurgiques dans un espace géographique aussi proche de Gandrange. Les salariés, notamment luxembourgeois, en sont eux-mêmes surpris.
Désormais, compte tendu des annonces dont nous réfutons les justifications, ce sont donc des pertes massives d'emplois,  notamment dans la sous-traitance, qu'il faut craindre. Bref, derechef une perte d’activité économique dans le bassin de vie alors que de l’autre côté de la frontière, en Allemagne et au Grand Duché de Luxembourg, le dynamisme économique demeure toujours favorablement orienté.
Nous ne pouvons accepter cet empressement alors que des solutions  alternatives existent et méritent d'être étudiées pour sauver  Gandrange et poursuivre le développement des autres sites lorrains,  notamment ArcelorMittal Florange. Compte tenu de la conjoncture, on  aurait pu obtenir, pour la première fois depuis de nombreuses  années, une création nette d'emplois dans le domaine sidérurgique,  industrie ô combien stratégique en Lorraine et dans tous le bassin  transfrontalier, mais aussi cruciale pour l'indépendance économique de la France.
Vous réitérant notre souhait du gel de cette décision, que nous estimons injustifiée et hâtive,
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président Directeur Général, en l'expression de notre très haute considération
Michel LIEBGOTT et Aurélie FILIPPETTI

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