Le blog de Michel LIEBGOTT, député socialiste de la Moselle
Monsieur le Ministre,
Par la présente, nous souhaitons attirer votre attention sur l’arrêté concernant les programmes d’enseignement des langues régionales dans le primaire qui figurera dans le prochain Bulletin Officiel de l’Education National.
Cet arrêté du 25 juillet 2007 qui fixe les programmes de langues régionales pour l’école primaire prévoit en son article 3, la suppression de l’arrêté du 30 mai 2003. Or ce dernier, mentionnait clairement les programmes transitoires et définitifs pour le corse, le catalan, le breton, le basque, l’occitan et les langues régionales d’Alsace et des pays mosellans. En d’autres termes, il semblerait que les langues régionales d’Alsace et des pays mosellans soient exclues de tout programme d’enseignement au primaire. Pour mémoire, l’arrêté du 20 mars 2007, concernant les programmes d’enseignement des langues régionales au collège, ne mentionne à aucun endroit ni la langue régionale d’Alsace ni celle des pays mosellans. Si nous apprécions le fait que les langues régionales puissent bénéficier de programme pour l’école et le collège, nous restons inquiets quant à l’application de ces textes dans notre département et souhaitons que vous puissiez nous confirmer qu’il s’agit là d’une erreur dans la rédaction de l’arrêté. L’attachement de notre population à sa langue et à sa culture est fort. Son enseignement dans le service public connaît une augmentation certaine dans la zone du francique luxembourgeois. Chaque année ce sont près de 1000 lycéens mosellans qui présentent l’option langue et culture régionales au baccalauréat. On dénombre de plus en plus d’activités culturelles autour de la langue régionale francique, festival du platt, troupes théâtrales, festival de musique,…. Notre langue régionale antérieure à l’allemand, est une passerelle nécessaire vers l’apprentissage naturel de l’allemand et/ou du luxembourgeois. Elle prend son sens dans une continuité des cycles. On ne peut envisager un apprentissage seul au lycée, il doit l’être au collège et au primaire si l’on souhaite une réussite de nos élèves qui choisissent cette option. Elle prend son sens enfin dans un département mosellan frontalier à l’Allemagne et au Luxembourg. Nous souhaitons, Monsieur le Ministre, que vous puissiez corriger ces arrêtés du 20 mars et 25 juillet 2007 le plus rapidement possible et redonner ainsi à notre langue régionale son statut. Vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à notre langue régionale, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de notre considération.
Michel LIEBGOTT - Gisèle PRINTZ - Jean-Marc TODESCHINI - Jean-Pierre MASSERET